Sibret (I3)
Ce village important est le siège du doyenné. Il comporte, entre son noyau ancien autour du vieux cimetière et les axes routier et ferroviaire qu’il rejoint vers le sud, plusieurs propriétés et demeures cossues du XIXes. Dans l’ensemble, son patrimoine n’est plus représentatif.
Eglise paroissiale St-Brice.
Construction néo-gothique en moellons de 1863-1866. Tour ouest dans l’œuvre, pans coupés et pignons de maçonnerie sous la flèche, contreforts et transept important. Décor intérieur d’ogives.
Ancien cimetière. Envahi par la végétation au cœur même du village, là où s’élevait l’ancienne église, petit cimetière emmuraillé de plan triangulaire formant butte. Deux entrées successives depuis le XIXes, l’extérieure apparemment la plus jeune. Parmi les monuments funéraires éparses, remarquable croix funéraire en schiste ardoisier de Recht (?) taillée après le décès d’Henri Noiseux du lieu, en 1741.
N°43. Ferme perpendiculaire de XIXes en moellons enduits et blanchis. Flanqué d’une annexe tardive au pied de son pignon, étroit logis à peine dominant à droite, éclairé par de grandes baies à encadrement calcaire de la 2ème moitié du XIXes. Trois cellules agricoles en prolongement, la première récemment transformée. Traces d’une ancienne entrée sous pignon gauche où l’angle antérieur est coupé. Toiture d’ardoises et de fibrociment avec croupettes.
N°160. Ancien bâtiment de gendarmerie, à rapprocher de celui déjà mentionné pour Houffalize.
L’église actuelle de Sibret est dédiée à Saint Brice qui lui a donné son nom. Elle a succédé en 1865 à une église qui a disparu et qui n’a laissé qu’un monument riche d’enseignement :son ancien cimetière au cœur même du village.
Dans cet espace de forme triangulaire encore inscrit en partie dans de vieux murs de pierres de schiste s’entassent ( ou plutôt… s’entassaient) de nombreuses pierres tombales. D’après un calcul portant sur un passé de dix siècles, on estime le nombre de défunts inhumés à cet endroit à huit mille !
Au lendemain de l’offensive des Ardennes qui a bouleversé ce site, l’abbé Georges, doyen à l’époque, a déployé toute son énergie pour rendre au vieux cimetière un aspect décent allant jusqu’à redresser et reconstituer de ses propres mains les monuments brisés. Dans le même souci de respecter et l’ancien cimetière et l’ancienne église paroissiale enfouie sous terre, l’abbé Georges célébra pendant plusieurs années l’office des morts en plein air le lendemain de la Toussaint, parmi les tombes anciennes.
Pour souligner l’intérêt du vieux cimetière de Sibret et des sites analogues comme pour honorer l’œuvre du doyen Georges, la commission des Monuments et des sites avait fait classer le cimetière le 25 février 1950.
Quelques monuments sont encore remarquables. Quelques dalles funéraires (dont une « Curcano » ) provenant du vieux cimetière ont été apposées sur les murs de l’église paroissiale.
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